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La Vie pas toujours facile d'une surveillante qui rêve de grands espaces et de bien être...

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De l'autre coté

J'ai un ami qui a fait quelques années de détention. Je lui ai demandé d'écrire pour moi et pour mon blog quelques lignes de ses impressions et ressentis quand il était incarcéré. Je le remercie vivement pour son autorisation à pouvoir mettre ses textes sur mon blog.  Je respecterai son intimité parce qu'il me l'a demandé et surtout parce qu'il me fait confiance.

Que l'on soit de quelque coté du mur, tout ce qui touche à la prison de près ou de loin est lourd et pesant. C'est pas ça la vie...

 

 

 

REFLEXIONS SUR LA VIE


EN DETENTION CARCERALE

 

« La vérité est rarement pure, et jamais simple »

Oscar Wilde

 

La prison, c’est une microsociété du mal, composée de groupes distincts qui se côtoient.

 

Il y a les dealers et les toxicos, nombreux.

Les délits en  cols blancs, sortes « d’intellectuels » ou qui se prennent pour tels, et les divers trafiquants as de la magouille en tous genres.

Les braqueurs et voleurs, plus ou moins violents, dont certains ont fait la « une » des journaux.

Les « mœurs » (ce terme glauque englobe de façon injuste aussi bien l’auteur d’un simple geste déplacé que le violeur

ou

le pédophile barbare).

Les meurtriers passionnels, qui n’existent pas que dans les films.

Les assassins purs et durs qui font l’objet de mesures de surveillance.

Et les homicides, souvent involontaires, les « tueurs par accident » qui ne savent pas vraiment comment ils en sont arrivés là. 

 

Chacun s’intègre presque naturellement à un groupe, par de petites affinités impalpables, bien que le mélange des genres soit inévitable dans un espace strictement fermé, et jamais salutaire dans ce même contexte, puisque les groupes concernés sont toujours animés de valeurs fondamentalement différentes.

 

Avant d’être incarcéré, lorsque je passais en vue d’une prison ou que je visionnais (d’un œil plutôt distrait) un reportage télévisé sur ce sujet, je pensais : « S’ils sont en prison, c’est qu’ils le méritent ; qu’ils y restent et qu’ils ferment leur gu… »

Il est un fait, reconnu par tous, que pour certains petits délinquants multirécidivistes l’incarcération répétée s’apparente effectivement à un mode de vie. Cependant, ce qui pousse un certain nombre hors de voie échappe parfois à leur volonté,

et personne ne peut assurer en être pour toujours préservé. Il n’est en aucun cas ici question de rechercher des excuses,

des raisons audibles à des actes graves et bien souvent irréversibles ; qu’il soit clair que je ne souhaite en aucune façon signifier que nous ne sommes pas responsables des actes qui nous ont conduit ici, même si certains des condamnés

ne parviennent jamais à reconnaitre et assumer leur culpabilité. La reconstruction d’un individu passe pourtant avant tout

par là ! (exception à faire pour les très rares incarcérés et condamnés à tort pour lesquels le drame est absolu – Outreau et autres Patrick Dils par exemple – dont les vies ont été détruites au nom de rien. Il y en a fort heureusement peu, même si

un seul est encore un de trop !)

 

Il me semble qu’il serait salutaire de faire visiter la prison aux citoyens. Toutes les prisons à tous les citoyens dès le début

de l’adolescence ; à l’intérieur, dans tous les recoins, surtout les endroits que le visiteur occasionnel ne voit jamais, pas

plus que la caméra de télévision à l’objectif souvent muselée. L’idée encore tenace selon laquelle la vie peut y être douce

et tranquille perdrait peut-être un peu de sa force. Il n’est toujours pas question, dans mon esprit, de plaindre le détenu

de se retrouver dans une situation qu’il a presque toujours provoquée d’une manière ou d’une autre ; il s’agirait simplement d’alerter plus et mieux sur le danger, comme autour d’un marécage profond des pancartes indiquent : « n’y tombez pas,

 vous risqueriez de vous noyer ».

 

En détention carcérale chaque geste, chaque mot, compte pour se positionner face aux autres détenus et bénéficier, autant que possible, d’une relative sécurité à défaut de tranquillité. Se faire respecter durablement est un art difficile à acquérir qui repose sur un peu de psychologie, beaucoup de méfiance et dans tous les cas sur la nécessité de rester perpétuellement sur ses gardes.

 

Plus que la différence d’âge ou de condition entre les détenus, c’est la nature du délit qui est à l’origine du respect ou du mépris des autres, sans qu’il puisse nous échapper que cette échelle de valeurs est totalement faussée dès sa base :

s’il existe bien des détenus francs et directs, assumant leurs actes, beaucoup d’autres dans les cours de promenade minimisent leur responsabilité et veulent vous faire croire qu’ils ont volé une simple pomme alors qu’ils ont détruit le verger tout entier.

 

Certains surveillants (peu nombreux il faut le dire), s’empressent de promptement divulguer à la population carcérale

le chef d’inculpation d’untel ou untel, avec les conséquences de jugement, de représailles et de colère inévitables dans

ce contexte ou l’on cherche toujours pire que soi, ne serait-ce que pour un peu se rassurer. Il convient toutefois de

reconnaitre que lorsque l’on croise un individu dont on sait qu’il a commis un acte monstrueux, on a peu envie de s’en

faire un ami. Il me faut être franc : j’aurai toujours plus d’écoute, tout au moins plus d’ouverture d’esprit donc plus

d’attention, envers un véritable meurtrier « passionnel » que pour un violeur-tueur de petits enfants, ou que pour un

dérobeur barbare de sacs de vielles dames ! Que des surveillants réagissent de la même façon ne m’indigne pas.

 

La suite, bientôt.......................

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S
<br /> Un témoignage particulièrement lucide sur la vie "à l'intérieur", sur cette curieuse micro-société dans laquelle tout prend une autre dimension...<br /> Au plaisir de lire la suite...<br /> <br /> <br />
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