La Vie pas toujours facile d'une surveillante qui rêve de grands espaces et de bien être...
Il est de ces détenus que l'on entend jamais, que l'on ne remarque pas. Poli, courtois, posé. Pourquoi est-il là? Je ne sais pas et je ne cherche pas à le savoir. Ici, c'est un lieu de privation de liberté, rien d'autre. Nous ne sommes pas là pour juger. C'est lieu où l'on peut repartir de zéro. Si on veut, en utilisant les outils qui sont à disposition. Etudes, Formation , Travail, Activités.
Etudes: du FLE à la Licence, il y en a pour tous les niveaux. Et tous les âges.
Beaucoup sont inscrits mais peu persévèrent. Il est vrai que c'est contraignant de se lever tous les matins pour aller à l'école, étudier, faire des devoirs, s'intéresser à la culture générale. Aujourd'hui je suis tombée sur le classeur des "exclus" du service scolaire. Les motifs sont les mêmes à chaque fois: Absences répétées, absences injustifées, refus.
"A quoi bon? Pourquoi faire? C'est plus de mon âge!!
Et pourtant c'est un cercle vicieux:
- Pas d'études, pas de formations, pas d'emploi.
- Pas d'emploi = délinquance.
- Délinquance = le + souvent incarcération, et aucune motivation pour étudier.
Et à la sortie, ca recommence, pas d'emploi, ect, ect...
Comment motiver les détenus? Par des permissions de sorties, des libertés anticipées, des réductions de peines, des activités extra-scolaires supplémentaires? Est-ce assez? Apparemment non.
Il y a surtout une complaisance dans le milieu carcéral. La petite délinquance a beaucoup plus de confort à l'intérieur qu'à l'extérieur. Sauf la liberté. Repas chaud, douches en cellules, Tv écran plat cablée et numérique, console de jeux, dvd, ordinateurs. Il y a aussi la tranquillité, facilité dans les contacts, les trafics, tout est permis.
Alors à quoi bon? Est-ce qu'un CAP va me rapporter plus que mon petit bussiness? Est-ce que j'ai envie tous les matins de me lever pour gagner juste de quoi payer ma nourriture et un loyer?
Mais quelques-uns font front. Un peu plus âgés, avec déjà un certain recul dans la vie. Ils ont compris qu'il faut arrêter d'être le serpent qui se mord la queue. Grâce à eux, le service scolaire reprendra peu à peu ses droits, faisant fi de ceux qui les ignorent aujourd'hui mais qui taperont à leur porte demain.