6h35: Presque tout le monde est déjà dans la salle d'appel, certains disent bonjour, d'autres squattent la machine à café et d'autres font la gueule... De bon matin. Ca commence bien. Si vous croyez que tous les surveillants sont solidaires les uns des autres, que c'est une grande famille, et bien vous vous trompez. C'est un monde de chacun pour soi, sauf quand ça arrange les autres. Vous vous noyez dans un verre d'eau, certains "collègues" tourne la cuillère pour vous faire couler. Des hommes comme des femmes, surtout les femmes. Elles ont l'impression que pour exister dans ce monde presque exclusivement masculin, il faut fayoter, ragoter et ainsi, elles ont l'impression de s'élever au dessus des autres et sont égales aux hommes. Des exemples? Je vous en donnerai plus tard, j'en ai pleins dans ma besace...
6h45: Le gradé arrive dans la salle d'appel: Plus aucun bruit, juste quelques toussotements.
Le dernier arrive en courant et finissant de mettre son polo dans son pantalon.
Le silence est là.. L'appel peut commencer.........
"Bonjour messieurs, dames, l'Appel !!!!!!!!"
6h50: Après avoir gérer les étages des absents et affecté les "dispos" à leurs places dans leurs étages (ce qui en général fait râler celui qui pensait se cacher une bonne partie de la matinée), nous nous dirigons vers le PCI ( Poste Centrale d'Information), et contre un jeton à notre nom, on nous donne notre clé d'étage. Puis lentement, nous nous rendons vers nos bâtiments d'affectation.
C'est toujours un mauvais moment: Les odeurs de la nuit sont là, les odeurs de café et de poubelles mélangées, le froid des murs et leurs vues me font me demander pourquoi je suis là ce matin. Mais ça va passer. J'ouvre mon bureau, pose les feuilles de mouvements qui me serviront tout au long de la matinée à gérer mon étage, j'ouvre la porte de l'auxiliaire: "Bonjour surveillante!". J'ouvre aussi le local des poubelles et les douches et je commence par la première cellule pour contrôler que tout le monde est présent et surtout bien vivant. C'est la 1ère tâche importante de la journée.
Et je commence à envoyer les douches. Certains étages sont plus facile à gérer que d'autres. Quand je dis facile, je parle de la communication entre surveillants et détenus. L'étage des travailleurs est assez tranquille car ce sont des personnes qui sont déjà debout, disent bonjour et en général sont déjà prêts, leurs serviettes sur l'épaule quand j'ouvre leur cellule.
Pa contre, les étages où de plus jeunes détenus sont affectés, posent souvent quelques petits problèmes mineurs. Problème de communication. On se couche tard, on se lève tard, on rechigne au moment de l'appel, un grognement pour signaler sa présence, se lever pour la douche relève souvent de l'exploit: " Hummmmm......plus tard surveillante! ", Et bien sûr, on ne dit pas bonjour. Limite invisible la surveillante. Mais par contre, pour fair passer des biscuits, un plat ou un rasoir, comme par magie, la surveillante re-devient "visible", "S'il vous plaît, Surveillanteeee!". Toutes les matinées commencent comme cela, mais se déroule toujours différement.